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Livres et cie - Page 7

  • La voleuse d'hommes de Margaret Atwood

    voleuse.JPGJe vais d'emblée commencer par avouer que ce n'est pas le meilleur roman de Margaret Atwood que j'ai lu, voir l'odyssée de Pénélope .

    Par contre, j'ai quand même aimé cette lecture et tout particulièrement le personnage de Zenia. Zenia c'est une menace, une manipulatrice, une femme qui sait mettre le doigt sur la faiblesse d'autres femmes et qui profite de cette faiblesse à son avantage. Zenia c'est le malheur qui vient nous frapper sans qu'on s'y attende et qui détruit tout sur son passage sans se soucier des victimes.

    La voleuse d'hommes c'est un roman de femmes... trois femmes qui sont les victimes de Zenia, qui ont décidé de pardonner à leur homme (les hommes sont très peu présents dans ce livre).

    J'aime la construction de ce roman et la manière dont l'auteur a décidé de nous raconter comment Zenia a brisé la vie de Tony, Roz et Charis.

    La voleuse d'hommes de Margaret Atwood (10/18, 2005, 655 pages)

  • Histoire de la Grande Maison de CHARIF MAJDALANI

    maison.JPGDans le Liban du XIXe siècle, Wakim Nassar doit fuir son village à la suite d'une sombre querelle. Devenu proscrit et repartant de rien, il va à force d'audace et de volonté, introduire la culture de l'oranger au Liban et créer de vastes plantations au milieu desquelles il fait bâtir la "Grande maison". Il va fonder une grande famille et devenir un personnage important et craint mais sur lequel chacun peut compter en cas de besoin.

    C'est l'histoire de l'ascension du clan Nassar, de sa grandeur et ensuite de sa décadence. A la fin du roman Wakim est mort, la Grande Maison est menacée de ruine et les fils quittent l'un après l'autre le Liban pour émigrer aux quatre coins de la planète. C'est l'histoire d'une maison, d'une famille, d'un homme et de ses fils et qui nous raconte aussi le Liban de l'Empire Ottoman durant le mandat français.

    Mon avis : Grandeur, déclin, ambition, alliances, traîtrises, domination et exil font de ce livre un très grand roman.

    Histoire de la Grande Maison de CHARIF MAJDALANI (Seuil/Points, 2006, 337 pages)

  • Le Gourou sur la branche de Kiran Desai

    Dans une petite ville indienne, un couple attend son premier enfant. Kulfi, la future mère, est obsédée par la nourriture et court les marchés malgré une chaleur écrasante. Alors que la naissance est imminente, une tempête se déclenche. Et au milieu de ce déchaînement de violence naît un petit garçon, Sampath.

    Les années passent, Sampath est devenu un jeune homme absolument pas épanoui. Ni les études ni le travail (un travail ennuyeux au sein de la poste locale) ne l'intéressent. Un jour, il prend le bus, descend à l'extérieur de la ville et s'installe dans un goyavier. Il refuse d'en descendre. Qu'à cela ne tienne, son père décide d'installer toute la famille au pied de l'arbre et de transformer ce scandale en juteuse affaire.

    Loufoque, original, drôle sont les qualificatifs pouvant s'appliquer à ce roman, le premier de Kiran Desai. Ce roman est proche du conte mais aussi de l'Histoire puisque Sampath dans son arbre peut faire penser à Saint Siméon le Stylite qui, au Vème siècle, resta une quarantaine d'années au sommet d'une colonne.

  • Comme un frère de David Treuer

    Dans un quartier pauvre de Minneapolis où Simon, un jeune Indien revient après dix ans d'emprisonnement pour le meurtre de son jeune frère..

    Un beau livre qui nous laisse sur des questions jusqu'à la fin. Beaucoup d'émotions, un meurtre gratuit, malgré tout j'ai de la sympathie pour le meurtrier. De la souffrance qui nous est dévoilée petit à petit, un peu comme à deux temps que ce soit dans le passé ou le présent.

    Comme un frère de David Treuer (Albin Michel, 2002, 329 pages)

  • Lignes temporelles

    livres.JPG

  • Orlando de Virginia Woolf

    orlando.JPGLorsqu'on rencontre Orlando pour la première fois, c'est un adolescent vivant à l'époque élisabétaine; en 1928, lorsque se termine ce roman, Orlando est devenu une femme de 36 ans. Roman fantaisiste, oui, mais la fantaisie n'est pas le but de ce roman: les époques glissent et disparaissent, comme le ferait une écharpe emportée par le vent. Orlando se réveille, se retourne, relève la tête, et tout est différent: Orlando s'adapte, comme si de rien n'était, et continue de vivre sa vie. La poésie, toujours, en est le fils conducteur.

    Ce roman m'a totalement déroutée. Lorsque j'ai tourné la dernière page, je me suis demandée : mais qu'est-ce que j'en pense ? C'est bon, c'est pas bon ? La vérité est que ce roman a beaucoup trop d'esprit pour moi. Il y a plein de choses qui me sont carrément passées au-dessus de la tête. Ce roman peut être lu sur plusieurs niveaux, et j'avoue franchement que j'ai eu besoin de recourir à des analyses littéraires externes afin de mieux le comprendre.

    Premièrement, Orlando est maintenant lu d'une façon très différente de quand il a été publié pour la première fois. À cette époque, il était tenu pour un roman à clé avec Vita Sackville-West comme personnage principal. Et c'est vrai; Virginia Woolf s'est basée sur des détails biographiques de sa vie, de ses liaisons, sur la description de ses maisons ancestrales, sur sa personalité pour bâtir le personnage d'Orlando. Ce sont des photographies de Vita Sackville-West qui parsèment ces pages. En fait, Virginia Woolf a délibérément intitulé ce roman Orlando: une biographie, car elle faisait un essai dans le genre de la biofiction.

    Depuis les années 1970, ce roman est maintenant lu comme une étude féministe de la perception des genres masculins et féminins depuis l'époque élisabétaine. Ce thème est sous-jacent dans l'oeuvre de Virginia Woolf (me voilà devenue une experte après avoir lu deux livres!), mais ce n'était pas sa première préoccupation avec ce roman.

    Je l'ai aimé, oui, mais je ne l'ai pas trouvé très accessible. Néanmoins, je peux reconnaitre la grandeur même quand je ne la comprends pas.

    Orlando de Virginia Woolf (Stock, 2001)