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Livres et cie

  • Rites d'automne de Dan O'Brien -

    automne.JPGDan O'Brien est spécialiste des espèces en voie de disparition et fauconnier. Il a travaillé dans un organisme, le Peregrine Fund, a réintroduire le faucon pèlerin, qui avait quasiment disparu aux Etats-Unis du fait de l'utilisation du DDT. Ce livre est le récit de sa tentative d'apprendre à Dolly, une jeune femelle, la chasse et la vie sauvage dans le but de lui rendre la liberté.

    Accompagné de ses deux chiens et d'amis rencontrés sur la route, il va patiemment aider Dolly à chasser, lui faisant poursuivre et attraper des proies de plus en plus rusées et difficiles à capturer. Il raconte ainsi l'apprentissage du faucon, l'arrivée de l'hiver, il décrit simplement des paysages et des animaux qui ont l'air magnifiques. Il s'attarde également sur des considérations écologiques, sur la place de l'homme dans la nature, sur l'incompatibilité de notre système économique et de notre société avec une vie en harmonie avec la nature.

     

    Enfin il décrit admirablement bien cette merveille de la nature qu'est le faucon pèlerin, chasseur hors pair, pouvant atteindre des vitesses folles en piqué, mais pourtant très fragile. On se rend compte en lisant O'Brien que même la vie du plus rapide et du plus puissant des prédateurs ne tient qu'à un fil : un accident, une aile cassée, et c'est la mort car toute chasse est devenue impossible. Le respect que l'on ressent pour cet oiseau et pour toute vie sauvage n'en est que plus grand.

  • La dernière conquête du Major Pettigrew, de Helene Simonson

    On a moins l’habitude d’entrevoir l’Angleterre a travers un racisme larvé qui ne dit pas son nom. Si ce pays offre l’image d’une intégration réussie des immigrés des anciennes colonies de l’Empire Britannique, une cohabitation sereine entre les différentes cultures et religions, l’ancienne bourgeoisie coloniale fait de la résistance. Que des Pakistanais tiennent l’épicerie du coin, on s’en accommode fort bien; on irait même jusqu’à apprécier leur présence qui ajoute un côté exotique au village. Tant que chacun reste dans sa communauté.

    Car les habitudes ont la vie dure, et pour ces anciens colons qui ont connus les Indes Britanniques et la gloire de feu l’Empire, difficile d’admettre qu’un citoyen de sa Majesté s’entiche d’une jolie veuve pakistanaise, qui plus est commerçante de son état. Quant au fils du Major, brillant financier de La City, il n’accorde sa bénédiction qu’aux projets présentant un intérêt certain, et l’arrivée de madame Ali dans la vie de son père risque de desservir ses plans de carrière.

    Pour autant, Helen Simonson ne fait aucunement preuve de prosélytisme et reste en retrait par rapport aux opinions de ses protagonistes. Le lecteur s’interroge face à ce roman équivoque: à travers des personnages hauts en couleur, l’auteur relate des états de fait et ne porte pas de jugement sur les errements et les vices de ses compatriotes.  Cette liberté de ton est fort appréciable, et on n’attendait pas moins de délicatesse de la part d’un écrivain britannique.

    JE VOUS LE CONSEILLE SI…

    … vous n’êtes pas trop à cheval sur la cérémonie du thé. Enfin, Major, quelle mouche vous a piqué? Récurer à blanc une théière que vous avez mis des années à culotter, quel sacrilège!
    … vous aimez les atmosphères très British, la campagne et sa noblesse, les parties de chasse, les bonnes manières d’un raffinement suranné et les préjugés tout aussi dépassés. Et surtout, le tea time présent à chaque page!

  • Littérature Fantastique : Terrienne de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard

    terriene.JPGAnne fait du stop au bord d’une route d’Auvergne. Étienne Virgil, vieil homme mélancolique, s’arrête et la conduit à sa demande jusqu’au panneau indicateur pointant vers « Campagne 3,5?. Anne est à la recherche de sa sœur, disparue une année plus tôt le soir de son mariage, et ce panneau est le seul indice qu’elle possède. Cette mystérieuse route est un passage, une ouverture vers un autre monde, un monde parallèle blanc, aseptisé, glacial peuplé de créatures humanoïdes dénuées de sentiments, d’ êtres qui ne poussent pas un soupir, qui ne respirent pas ! Avec l’aide d’Étienne, Anne va découvrir qu’un étrange trafic prend place entre les deux mondes: les dignitaires font enlever des terriennes pour en faire leur compagne et Gabrielle, sa sœur, est retenue prisonnière quelque part dans cet étrange univers.

    Étrange, poétique, effrayant, les mots me manquent pour parler de mon premier voyage dans l’univers de Jean-Claude Mourlevat. Une promenade que j’ai effectué d’une traite, non-stop, le temps d’un après midi tant j’ai été émerveillée et époustouflée par Terrienne.

    La société de l’autre monde décrite par Jean-Claude Mourlevat est une communauté froide, pesante, sans vie. Tous les plaisirs y sont proscrits, l’individu y est programmé dés sa naissance, manipulé par ceux qui ont le pouvoir. Dans ce monde, on ne meurt pas: on cesse de vivre tout simplement. L’individu s’assoie, s’ennuie, ne bouge plus et est emporté loin des regards pour être incinéré et disparaître. Les humains y sont considérés comme des créatures inférieures, dangereuses car sales et porteuses de microbes. Et surtout, ils respirent.

    La jeune Anne est donc en constant danger dans ce lieu où le moindre soulèvement de poitrine, le moindre soupir, le moindre souffle peut vous conduire tout droit à la mort. Malgré la peur et la solitude, l’adolescente est prête à tout pour retrouver sa grande soeur, pour répondre à son appel au secours qui a résonné à travers les ondes hertziennes. Les personnages secondaires ne sont pas en reste : eux aussi risquent leur vie à aider cette humaine. Contrairement au monde blanc et indifférent dans lequel ils évoluent, ils se montrent incroyablement attachants, terriblement libres et humains.

    Sur fond de Barbe Bleue et de Somewhere Only We know de Keane, Jean-Claude Mourlevat nous balade d’un personnage à l’autre, passant d’un narrateur, d’une pensée à une autre. Bien que tous différents, tous les protagonistes ont un point commun: celui de vouloir vivre, être libre et aimer malgré le monde auquel ils appartiennent. Terrienne est une histoire très bien construite, un récit émouvant mêlant aventure et suspens, espoir, peur et instants de bonheur, c’est un rêve qui vire au cauchemar.

  • Prélude à fondation d'Isaac Asimov

    asimov.JPGDans le cycle de "Fondation", Asimov imagine le futur de l'humanité. Il commence avec l'effondrement d'un empire galactique qui se décompose. Un savant, Hari Seldon, invente une nouvelle science, la psychohistoire, basée sur la loi des grands nombres et le calcul des probabilités qui permet de « prévoir l'avenir », ou, plus exactement, de calculer les probabilités de différents avenirs.

    Initialement construit comme une trilogie (1950-1955), "Fondation" fut augmenté de deux volumes au début des années 1980 sous la pression des éditeurs et admirateurs de l'auteur. Ces deux nouveaux tomes (Fondation foudroyée et Terre et fondation) devaient en quelque sorte boucler la boucle du cycle.

    Malgré tout, Asimov décide en 1988 d'écrire "le premier roman du cycle". Plutôt que d'offrir un sixième tome qui reprendrait là où se terminait Terre et Fondation, il publie (d'abord sous forme de feuilleton) Prélude à fondation. Le récit se déroule sur la planète Trantor, le centre gouvernemental de l'Empire, alors qu'un jeune mathématicien, Henry Seldon, vient tout juste de participer à un colloque mathématique. Le sujet de son exposé : la psychohistoire, soit une nouvelle théorie employant statistiques et histoire qui pourrait permettre d'extrapoler certains mouvements du futur. Il ne s'agit pas là de prédire l'avenir, mais bien de le rendre moins flou.

    Une telle annonce, au coeur de l'Empire, attire rapidement l'attention des hommes de pouvoir de la planète, ce qui force rapidement Seldon à fuire dans la dédales de la planète. Ce voyage à travers les différents secteurs de Trantor lui permet de découvrir ce que l'Empereur lui-même refuse de voir : l'Empire ce désagrège. Partout des communautés indépendantes se sont constituées. La haine envers l'empereur est manifeste. Dès lors, la question n'est plus de savoir si la psychohistoire pourra empêcher la chute de l'Empire, mais tout simplement s'il n'est pas trop tard pour intervenir.

    Prélude à fondation est aussi créatif et captivant que les autres tomes du cycles. Asimov aura pris soin de conserver un style identique (chapitres courts, intrigues complexes et multiples, etc.) tout au long du cycle. Il reste que Prélude à fondation "vend" certains éléments clés du cycle "Les robots". Je conseille donc aux amateurs de science fiction de lire d'abord le cycle "Robots" avant de vous lancer dans Fondation.

    Isaac Asimov, Prélude à fondation [trad. de l'anglais par Jean Bonnefoy], éd. Pocket, 2005 [1990], 446 pages, ISBN 226615253x.

  • Le livres des étoiles d'Erik L'Homme

    etoiles.JPGJ'ai beaucoup aimé cette trilogie, c'est une excellente idée d'en parler. Moi cette histoire m'a transporté dans un autre univers.

    Tous les livres du même genre  - le livre jeunesse - sont passionnants et conseillés à ceux qui n'ont pas beaucoup d'imagination; mais ils sont fortement déconseillés à tous ceux dont l'imagination est débordante; bien qu'ils n'auraient aucun mal pour se plonger dans l'histoire le risque serait de ne pouvoir en sortir. Bonne lecture à vous !

    J'ai lu ces livre à 11 ans et je prends toujours plaisir à les relire. Ces livres sont bien écrits et la façon de s'exprimer est très bien pensée. Voilà un ouvrage qui peut redonner le goût de la lecture à certains.

    J'adore cette série de livres car elle est différente des autres histoires de ce genre car l'auteur n'a pas paru vouloir nous impressionner en inventant toujours plus de péripéties et de créatures et les personnages ont des émotions comparé à Harry Potter qui est soit fâché, soit triste...

     

     

  • L’enfant de sable - Tahar Ben Jelloun - 1985

    sables.JPGL'enfant de sable de l’écrivain marocain de langue française Tahar Ben Jelloun est un magnifique et très original roman mêlant brillamment contes et légendes à des sujets tabous (enfance saccagée, prostitution, machisme, l’homme-femme, la sexualité…) dans la société maghrébine et marocaine.

    L'enfant de sable a immédiatement été un grand succès et sa suite, La nuit sacrée (1987), dans laquelle Tahar Ben Jelloun donne la parole au personnage d’Ahmed pour que celui-ci donne sa propre version des faits, a obtenu le prix Goncourt 1987.


    L’histoire commence admirablement dans la plus pure ambiance de la place Jamâ-El-Fnâ à Marrakech au rythme d’un conteur de rue. D’abord le récit suit le point de vue d'Ahmed raconté par le conteur prétendant se baser sur un manuscrit laissé par Ahmed lui-même. Ensuite la narration se démultiplie et devient assez chaotique tout en gardant cependant une certaine structure. Le résultat en est que le roman devient extrêmement vivant au dépit parfois du lecteur qui risque de s’y perdre un peu. Tahar Ben Jelloun aborde brillamment le sujet de la femme dans la société mais le roman est aussi un formidable conte philosophique sur la quête de l’identité. Et comme souvent dans son œuvre, Tahar Ben Jelloun y traite aussi de la sexualité et de la frustration qui y est souvent liée.


    L’écriture est envoûtante et le roman est d’un bout à l’autre très prenant. Cependant toute la dernière partie du roman, la deuxième moitié, est parfois trop confuse et la fin laisse une certaine frustration au lecteur.

    L’enfant de sable est un très original roman sur la condition féminine et la quête de son identité.