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Livres et cie

  • bande dessinée : Avis sur Le Dernier Troyen (tome 1) – Mangin & Démarez

    toryen.JPGDans ce premier tome, nous redécouvrons donc la fin des dix ans de siège de Troie, et la fameuse ruse d’Ulysse sous forme de cheval géant construit pour duper les défenseurs de l’imprenable cité. Si l’histoire est fort bien connue du lecteur, tout le plaisir consiste à redécouvrir les scènes à travers le dessin de Démarez, mélangeant style grec antique et éléments de space opéra. C’est graphiquement très plaisant et je me suis surpris à plonger dans le suspens d’une intrigue pourtant déjà fort familière. Car toute la saveur de cette série repose bien entendu dans cette vision si exotique, si réussie, ancrée dans un univers de space opéra convaincant par sa démesure. J’y reviendrai plus en détails dans les prochains mois en chroniquant l’intégralité de la série.

    Un premier contact donc très positif, pour une lecture distrayante qui donne envie de poursuivre la série – et même de relire Homère et Virgile. Rien que ça. D’ailleurs, c’est une bonne idée ça. Pourquoi pas, après tout, retourner aux sources après un aussi sympathique voyage galactique ?

     

    Le Dernier Troyen – tome 1 : le cheval de troie. (2004). Valérie Mangin & Thierry Démarez. 48 p., éditions Soleil.

  • Musique : Triad de David Crosby

    Le roman Stranger in a Strange Land (En Terre Etrangère) de Robert Heinlein fut considéré en son temps comme un des livres inspirateurs du mouvement hippie. Et même si cette étiquette laissa l’auteur assez dubitatif, il reste intéressant de rechercher de quelles manières son œuvre influença la culture hippie.

    Prenons pour exemple musical le titre « Triad ». Certes, ce n’est pas à proprement parler une chanson purement heinleinienne. Elle fut écrite en 1967 par David Crosby et traite de la cohabitation amoureuse d’un ménage à trois, dans une vision purement hippie de « l’amour libre ». En cela, David Crosby s’inspire d’une expérience personnelle, mais fut également inspiré par l’ouvrage de Robert Heinlein, et y fait référence dans ses paroles avec « sister lovers » ou encore « water brothers ». « Triad » a une histoire mouvementée. D’abord jouée avec The Byrds, David Crosby se fâcha progressivement avec le reste de la bande au sujet des paroles de cette chanson, notamment avec le leader Roger McGuinn (guitariste) et le bassiste Chris Hillman. Il est probable que « Triad » ne fut qu’un prétexte,  Crosby n’étant d’ailleurs plus très fidèle au groupe. Mais après l’enregistrement du titre en août 1967, les disputes se multiplièrent et débouchèrent deux mois plus tard à l’éviction de David Crosby du groupe.

    Crosby donna probablement la chanson au groupe Jefferson Airplane, ce qui explique la présence du titre dans l’album Crown of Creation (1968). Il réalisa ensuite un enregistrement public de « Triad » avec le groupe Crosby, Stills, Nash & Young’s, disponible dans l’album 4 Way Street (1971). La chanson réapparaît d’ailleurs dès 1987 dans un album d’archive des Byrds (Never Before) et figure depuis lors dans les best-of consacrés à ce groupe. Mais pour mieux vous familiariser avec cette chanson, je vous propose de découvrir ci-dessous ses paroles et les trois versions successives de son interprétation :

  • Chronique de Riley Jenson [Tome 3] - Keri Arthur

    kery.JPGC'est avec plaisir que je me suis replongée dans cette série. Pour ce 3e opus, nous retrouvons Riley, qui est sur le point de devenir gardienne. Sa mission va consister, en compagnie de son jumeau, de mettre fin aux agissements d'un scientifique, qui fabrique des clones, celui même qui avait sous sa coupe deux de ses partenaires sexuels. Elle va devoir encore une fois user de subtilité pour parvenir à ses fins.

     

    Concernant la plume de l'auteure, on peut constater que Keri Arthur conserve toujours la même fluidité, et de ce fait nous avons une grande aisance de lecture. Dans ce tome, beaucoup d'actions, une intrigue qui file au gré des pages pour se terminer et s'ouvrir sur une autre, qui je pense va se développer au fil des tomes suivants.

     

    Pour ce qui est des personnages, Riley est toujours égale à elle-même. Toujours un fort caractère, elle s'expose dans sa mission à quelques problèmes... Et en tant que louve, son appétit sexuel fait toujours des siennes ; mais elle sait pour qui elle éprouve de véritables sentiments même si ces derniers ne sont pas partagés. De plus, sa morphologie subit quelques changements, mais pour le moment nous ne savons pas si cela est naturel ou du au traitement qui lui a été administré.

    Quinn, le vampire sexy, retrouve Riley dans sa mission. Il arrive communiquer de plus en plus avec elle rien que par la pensée. Et, par surprise, il s'exprime un peu plus aisément sur la nature de ses sentiments à son égard.

     

    En bref, un tome bien prenant, on arrive à la conclusion de la mission, pour partir sur une nouvelle. dans ce tome, nous trouvons toujours des scènes de sexe, mais un peu moins qu'au départ. Ce qui n'a pas été pour me déplaire, ainsi, l'intrigue réelle primait sur les écartades de cette louve que je qualifierais "en chaleur". J'ai passé un bon moment de lecture.

  • avis sur : Robert des noms propres, Amélie Nothomb

    robert.JPGTous les ans c’est pareil : à la même époque, celle de la rentrée littéraire, j’achète le nouveau livre d’Amélie Nothomb qui ne manque jamais de paraître. L’auteur m’a longtemps fascinée mais déjà l’an dernier, une fois la lecture achevée, je m’étais promise de ne plus céder et de ne pas l’acheter l’an prochain. J’ai failli.

    Nothomb joue avec la réalité ce qui aurait pu être intéressant ; ce n’est hélas pas le cas, Amélie est trop fatiguée pour cela. Les dialogues - déjà peu soignés dans Cosmétique de l’ennemi, le cru 2001 qui, rappelons-le, n’est qu’un long dialogue - sont ici véritablement bâclés et l’on ne retrouve pas la qualité d’écriture de ses premiers romans ou même de Stupeur et tremblements malgré quelques belles pages sur les fées et la danse ; le livre est rempli de coquilles (A quoi bon un travail sérieux de relecture, avec le petit bandeau rouge et le nom de l’auteur en lettres capitales, ça se vendra...) et la fin est plaquée et inutile à l’intrigue. Le coup de publicité est un peu grossier : car qu’est-ce que la fin de cet ouvrage sinon un effet d’annonce pour les fans d’Amélie qui de toute façon se précipiteront pour acheter le disque ?

    On était tout de même en droit d’attendre plus et mieux d’une romancière à l’imagination aussi puissante et fertile. Espérons qu’Amélie Nothomb n’ait pas déjà, au fil des rentrées littéraires, irrémédiablement perdu son âme.

     

    Amélie Nothomb, Robert des noms propres, Albin Michel, Paris, 2002, 171 p.

     

  • Avis sur A dégager voie douze, d'Alain Roger

    voie.JPGVilleneuve a perdu son maire, Jacques Dumesnil. Entouré de notables aux dents longues et flirtant avec les idées de l’extrême-droite, l’édile n’est guère sympathique. L’intrigue prend pourtant vite. Est-ce un rapt, un meurtre ? Une disparition liée aux spéculations immobilières de l’équipe municipale au pouvoir ? Une sordide machination politique liée aux plans de restructuration de la ville ?

    Sauveur Kermahé, jeune lieutenant de police fraîchement émoulu de Bretagne, est chargé de l’enquête. C’est à travers ses recherches que l’on découvre la ville à laquelle il est peu attaché, ses différents quartiers, sa sociologie et ses curiosités de cité décatie par l’industrialisation et l’implantation de l’aéroport d’Orly. 

    Le Nantais a du flair et pressent vite que la mort de Nasser, tenancier d’un bar un brin interlope, n’est pas sans rapport avec la disparition du maire. L’enquête, dont les détours semblent mener vers la gare de triage et ses vieux cheminots parfois toqués, se complexifie... C’est qu’on ne parle pas au jeune provincial qu’est Kermahé ; face aux flics on se tait, c’est l’omerta et le code d’honneur.

    A quand la suite des aventures du subtil Kermahé Monsieur Roger ?

    Alain Roger, A dégager voie douze, Editinter, 2005, 215 p.

     

  • La carte et le territoire - Michel Houellebecq

    La sortie d’un nouveau livre de Michel Houellebecq est toujours un événement. Impossible de passer à côté. La machine médiatique s’empare du phénomène et l’écrivain, malgré quelques passages télé plutôt ratés, fait parler de lui. Cette année, avec la carte et le territoire,  ne fait pas exception, car elle voit l’auteur couronné du prestigieux prix Goncourt 2010.

    Michel Houellebecq laisse rarement indifférent. On adore ou on déteste, on le lit avec passion ou on le fuit, on le respecte ou on a envie de voir son nom disparaitre des rayons de librairies. Pur génie pour les uns, supercherie littéraire pour les autres, l’auteur est devenu incontournable. Pour ma part, si je pense que Houellebecq mérite amplement le prix Goncourt pour son travail d’écrivain, je suis nettement moins convaincu que c’est avec ce dernier opus qu’il devait être consacré.

    Après nous avoir parlé dans ses précédents ouvrages du tourisme sexuel, du clonage humain, de la déshumanisation du monde de l’entreprise, en une sorte de carte de voeux 2020 ,  Houellebecq aborde ici le monde de l’art. Son héros, Jed Martin, est un artiste dont le succès arrive en photographiant des cartes Michelin. Hétéroclite, le reste de son oeuvre sera faite de peintures, telles que « Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant du futur de l’informatique », toiles qui s’enlèveront à prix d’or, et dont le summum sera atteint quand il se décidera à peindre Houellebecq lui-même.

    L’auteur se met donc en scène, avec humour, se moquant de sa propre personne ainsi que d’autres personnalités comme Beigbeder ou Umberto Eco pour ne citer qu’elles. Toujours aussi cynique sur la société, carte.JPGdans la carte et le territoire , Houellebecq nous dépeint des rapports humains assez sombres. Jed Martin passe le réveillon avec son père, la plupart du repas se déroulant en silence; il partage un temps des moments intimes avec Olga, une Russe magnifique (relation peu crédible néanmoins), avant qu’ils ne se séparent; il voit son existence profondément troublée par un chauffe-eau défaillant, seul élément qui semble vraiment l’émouvoir… Bref, Houellebecq nous offre encore ici une vision désabusée du monde.

    Pourtant, ce livre se détache quelque peu des précédents. Moins de sexe, moins provocant, moins glauque, moins politiquement incorrect… mais moins d’émotions aussi. Le roman est froid, distant. Si les livres de Houellebecq ont toujours mélangé l’aspect romanesque aux réflexions de société, le dosage parait moins réussi ici, ne parvenant qu’à distiller un léger ennui. Et on se retrouve comme son héros, un peu désabusé, attendant que ça passe, poursuivant une lecture sans joie. J’ai cependant trouvé la troisième partie plus réussie, j’y ai retrouvé un Houellebecq plus percutant, plus incisif dans sa démarche. Hélas, le bilan global est décevant.

     Malgré tout, les critiques (du métier, de vrais professionnels quoi !) sont plutôt élogieuses. N’oublions pas non plus ce fameux prix littéraire qu’est le Goncourt. Difficile de comprendre… Après avoir été malmené par une presse parfois assassine (qui visait plutôt l’auteur, il est vrai), voici qu’un roman moins percutant reçoit des louanges de tous bords. Bref… Malgré un tapage médiatique qui le dessert quelque peu, Michel Houellebecq reste un grand écrivain dont l’intérêt principal est cette vision de notre société qu’il nous dépeint sans concession. Rien que pour ça, il mérite d’être lu.

     

    La carte et le territoire - Michel Houellebecq Ed. « Fammarion« , 428 pages