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Caprices, des lectures et des tas d'autres choses.

  • Déménagement en vue.

    Bonjour à tous les ami-es.
    Si vous ne suivez pas la page Facebook vous ne saurez pas que j'ai décidé de changer de plateforme pour le blog. Les limitations de hautetfort concernant le design et d'autres considérations m'ont donné envie de prendre la clef des champs. Je suis en train de transférer des articles de ce blog (qui sont donc mis hors ligne ici au fur et à mesure) vers le nouveau, ainsi que le tout dernier article sur Anne of green gables.

  • De la critique & des blogs

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    « Le critique est celui qui peut traduire en une autre manière ou une autre matière les impressions que créent sur lui les belles choses. » Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde.

     

    De plus en plus je me rends compte que la critique de livre est autant un art complexe et varié que celui d'écrire des romans. Cette assertion peut sembler naïve au regard de l'importance que la critique a de toute manière, avec des grands écrivains qui ce sont de tout temps soumit à l'exercice (Woolf, Orwell, Zola, Colette, etc.), mais quand on a passé un moment dans l'univers des blogs littéraires et que l'on est habitué-e à lire des avis de livres venant de partout plusieurs fois par jours, il peut sembler que c'est un acte banal que tout le monde peut mettre en oeuvre.
    Hors je me rends bien compte en lisant des ouvrages de critique que non, tout le monde ne peut pas, au même niveau, donner son avis sur un livre. Les blogs rajoutent la dimension de la mise en page, des images, des couleurs, mais je ne vais pas en parler. Je discuterais simplement de la façon dont on cherche à exprimer ce dont un livre parlait et l'effet qu'il a eu sur notre personne.

    Une des choses qui me frappe en visitant des blogs est l’apparente schizophrénie de certains blogueurs ou Youtubeurs. Schizophrénie qui se caractérise typiquement par l'expression d'un avis où les personnages, l'intrigue, l'écriture sont critiqués et décriés, mais qui se conclu par un "mais finalement c'était bien". La question que je me pose à chaque fois est : comment peut-on conclure qu'on a aimé un livre après avoir conspué 99 % de sa composition ? Est-ce par peur de se faire insulter en commentaire, parce que le bouquin a été envoyé par un éditeur ou parce que la personne ne sait pas exprimer en fait, précisément, ce que le livre lui a fait ressentir ?
    Mettons que nous allons explorer la troisième possibilité puisque c'est elle qui m'intéresse particulièrement dans cet article.

    Serait-ce si compliqué que d'exprimer avec précision ce qu'un ouvrage nous a fait penser et sentir ? Évidemment. Si l'on accepte qu'une catégorie restreinte de personnages, les auteur-es, est capable de retranscrire l'infinité des émotions et des expériences humaine, on doit accepter qu'une autre catégorie de personne est capable de retranscrire au mieux la façon dont un thème, un écrivain, nous a influencé.
    Et qu'est-ce qui fait que cette catégorie de personnes serait capable de rédiger au mieux ses émotions ? L'expérience. La réflexion. Je ne sais pas si le génie nécessaire à la rédaction d'une histoire est nécessaire à la rédaction d'une critique, mais certainement elle nécessite l'expérience gagnée à force de réaliser l’exercice.
    Cela nécessite aussi je pense le temps de la réflexion. Le temps de se dire que parfois on a absolument rien à dire de pertinent sur un ouvrage, ou que l'on ne sait pas comment exprimer le fait qu'un livre, dont on a tout détesté, reste tout de même un souvenir de lecture agréable. C'est un exercice d’équilibriste qui à ma grande tristesse n'est pas tellement répandu et ce même parmi les critiques « officiels » de journaux ou sites web. Je me souviens d'un avis dans un périodique sur Sévère de Régis Jauffret qui n'était au final qu'un grand résumé du bouquin tout à fait inutile.
    J'aime autant lire des romans que des critiques de romans ; je trouve un plaisir particulier à découvrir la façon dont une personne a envisagé un bouquin et la façon dont elle exprime son avis. Cette réflexion s'est particulièrement modelée lors de la lecture de Stuff I've been reading de Nick Hornby, un recueil de ses articles mensuels où il parle de ses lectures au fil des ans. J'ai découvert parmi ces pages des façons simples et lumineuses de dire des choses. J'ai été émerveillé qu'avec trois quatre mots l'auteur sache exprimer des pensées qui touchent au but et ne nécessites pas plus de caractères.
    Si tout le monde s'entend à peu près sur le fait que pour être écrivain il faille avant tout lire, il faudrait aussi penser qu'écrire des critiques nécessite la lecture de critiques.

    J'admire et adore la diversité d'avis qu'offre Internet. Je me suis essayée à parler de mes lectures grâce à ce biais et j'ai découvert des gens qui semblent parler à mon cœur lorsqu'il parle de leurs lectures sur leurs blogs. Je ne voudrais pour rien au monde que cela soit limité ou contrôlé. Ce que je souhaiterais c'est qu'on prenne simplement le temps de penser à la façon dont on dit les choses, car la forme est aussi important que le fond.
    Bien sûr tout cela dépend de la façon dont on envisage son activité de critique, mais c'est la façon dont je l'envisage dans l'absolu à ce moment précis de ma longue vie.

     

    « Pensée et langage constituent pour l'artiste des instruments de son art. » Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde.

  • Les feys de Sequana et New London

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    Je vous ai déjà un peu parlé de Magies secrètes cet été et il y a quelques journées j'ai terminé Le tournoi des ombres, le deuxième volume de cette série.
    Certains premiers tomes me plaisent plutôt correctement, mais ce n'est que lorsque que je lis la suite que je me sens réellement bien dans l'univers et que j'apprécie pleinement tout ce que l'auteur met en place. C'est arrivé avec Le protectorat de l'ombrelle de Gail Carriger et c'est arrivé avec Hervé Jubert.

    J'avais lu le premier tome en plein milieu de mon job d'été, alors que je faisais des journées très longues et que je rentrais épuisée. Évidemment ça n'invite pas à la dégustation d'un ouvrage exigeant. Parce que Magies secrètes est exigeant. L'auteur développe quand même, malgré les trucs bancals, un univers très riche et passionnant. Il réinvente l'histoire et transforme notre morne Paris en une Sequana fourmillante de vie et de magie. Le royaume des feys nous est connu et ses représentant-es (fées, centaures, pixies, etc.) peuplent le monde entier. A Sequana ils ne sont pas en odeur de sainteté sous l'empereur Obéron III qui entreprend de resculpter la ville à ses ambitions et de toujours discriminer et exterminer les représentants du peuple féerique. Georges Beauregard, l'ingénieur mage, est un chargé de s'occuper de crimes et de questions en rapport avec les feys, et il en a du pain sur la planche avec les complots à la pelle qui se trame dans cet univers.
    Toute cette diversité et cette riche histoire est explicitée grâce aux multiples et touffues notes de bas de pages qui parsèment l'ouvrage. J'ai aimé ce procédé qui permet d'en apprendre plus sur la société en évitant dans le corps du texte de trop longues descriptions, seulement parfois elle étaient trop importantes et pas forcément pertinentes à la situation. J'étais cependant très déçue quand j'ai découvert en ouvrant Le tournoi des ombres que les notes avaient toutes disparues ! Il y a un gouffre entre supprimer totalement ce qui singularise un ouvrage et le modérer à un usage agréable pour le lecteur tout de même. Il me semble que l'auteur passe un contrat avec ses lecteurs quand il commence une série et qu'ici il n'a pas été respecté.

    Sur une autre note j'ai été agréablement surprise de retrouver l'écriture de l'auteur. Les choses qui m'avaient un peu gêné dans le premier tome sont moins présentes, mais il reste tout de même des problèmes de transitions. Je ne comprends pas comment un manuscrit qui doit être relu au moins quarante fois peut encore présenter des manques comme ça. Des informations, comme le titre de l'ouvrage par exemple, sont livrées dans le bouquin comme si on était censé les avoir déjà vues et du coup ne sont plus expliquées, ou alors les personnages se déplacent sans que ce soit décrit. On découvre alors dans une scène quelqu'un, au détour d'un dialogue, qu'on croyait trois étages plus bas deux secondes auparavant.
    Si je note plus particulièrement ce genre de dysfonctionnement c'est que par ailleurs j'adhère complètement à ce que l'auteur met en place ; ses clins d’œils à la littérature (Dickens, Peter Pan, Stevenson, Shakespeare, etc.), son écriture particulière mais charmante, son humour, et que ça me déçois que certains aspects ne soient pas à la hauteur de ce qu'on nous propose d'excellent.

    L'intrigue du Tournoi des ombres m'a plus plu que celle du tome précédent. Elle est beaucoup plus facile à suivre sans saut de temps bizarres et on est réellement tenus en haleine. J'ai adoré découvrir New London qui nous permet d'avoir un autre regard sur Sequana, et ce que l'on entrevoit du Nouveau Monde. J'ai aimé aussi le personnage de John Dee qui est introduit dans ce volume et qui permet de lancer un autre fil dans l’écheveau déjà complexe mis en place par Jubert.
    Par contre ce qui arrive à Jeanne m'a prise de cours. C'est très rapide et dés que c'est fini on passe à autre chose, comme si elle n'était pas un personne principal auquel on tient. Les révélations sur Beauregard sont chouettes, elles nous permettent enfin d'y voir un peu plus clair sur son mystérieux passé, mais ils restent encore pas mal de trucs dans l'ombre auxquels je voudrais avoir des réponses.

    En bref une lecture en demi-teinte après coup, mais dont les éléments désynchronisés ne me sont finalement apparus qu'une fois le livre terminé. Ce que je veux dire, c'est que lorsqu'on est plongé-es dans l'ouvrage, on absorbe toutes les odeurs, couleurs et sonorités de ce monde magique et qu'on ne regrette certains choses a posteriori.
    J'espère qu'il y aura une suite et que les notes de bas de pages y feront leur grand retour.

    Magie secrètes (T.1 et 2), Hervé Jubert (2012 & 2013)