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Livres et cie - Page 3

  • Histoire de la Grande Maison de CHARIF MAJDALANI

    maison.JPGDans le Liban du XIXe siècle, Wakim Nassar doit fuir son village à la suite d'une sombre querelle. Devenu proscrit et repartant de rien, il va à force d'audace et de volonté, introduire la culture de l'oranger au Liban et créer de vastes plantations au milieu desquelles il fait bâtir la "Grande maison". Il va fonder une grande famille et devenir un personnage important et craint mais sur lequel chacun peut compter en cas de besoin.

    C'est l'histoire de l'ascension du clan Nassar, de sa grandeur et ensuite de sa décadence. A la fin du roman Wakim est mort, la Grande Maison est menacée de ruine et les fils quittent l'un après l'autre le Liban pour émigrer aux quatre coins de la planète. C'est l'histoire d'une maison, d'une famille, d'un homme et de ses fils et qui nous raconte aussi le Liban de l'Empire Ottoman durant le mandat français.

    Mon avis : Grandeur, déclin, ambition, alliances, traîtrises, domination et exil font de ce livre un très grand roman.

    Histoire de la Grande Maison de CHARIF MAJDALANI (Seuil/Points, 2006, 337 pages)

  • Le Gourou sur la branche de Kiran Desai

    Dans une petite ville indienne, un couple attend son premier enfant. Kulfi, la future mère, est obsédée par la nourriture et court les marchés malgré une chaleur écrasante. Alors que la naissance est imminente, une tempête se déclenche. Et au milieu de ce déchaînement de violence naît un petit garçon, Sampath.

    Les années passent, Sampath est devenu un jeune homme absolument pas épanoui. Ni les études ni le travail (un travail ennuyeux au sein de la poste locale) ne l'intéressent. Un jour, il prend le bus, descend à l'extérieur de la ville et s'installe dans un goyavier. Il refuse d'en descendre. Qu'à cela ne tienne, son père décide d'installer toute la famille au pied de l'arbre et de transformer ce scandale en juteuse affaire.

    Loufoque, original, drôle sont les qualificatifs pouvant s'appliquer à ce roman, le premier de Kiran Desai. Ce roman est proche du conte mais aussi de l'Histoire puisque Sampath dans son arbre peut faire penser à Saint Siméon le Stylite qui, au Vème siècle, resta une quarantaine d'années au sommet d'une colonne.

  • Comme un frère de David Treuer

    Dans un quartier pauvre de Minneapolis où Simon, un jeune Indien revient après dix ans d'emprisonnement pour le meurtre de son jeune frère..

    Un beau livre qui nous laisse sur des questions jusqu'à la fin. Beaucoup d'émotions, un meurtre gratuit, malgré tout j'ai de la sympathie pour le meurtrier. De la souffrance qui nous est dévoilée petit à petit, un peu comme à deux temps que ce soit dans le passé ou le présent.

    Comme un frère de David Treuer (Albin Michel, 2002, 329 pages)

  • Lignes temporelles

    livres.JPG

  • Orlando de Virginia Woolf

    orlando.JPGLorsqu'on rencontre Orlando pour la première fois, c'est un adolescent vivant à l'époque élisabétaine; en 1928, lorsque se termine ce roman, Orlando est devenu une femme de 36 ans. Roman fantaisiste, oui, mais la fantaisie n'est pas le but de ce roman: les époques glissent et disparaissent, comme le ferait une écharpe emportée par le vent. Orlando se réveille, se retourne, relève la tête, et tout est différent: Orlando s'adapte, comme si de rien n'était, et continue de vivre sa vie. La poésie, toujours, en est le fils conducteur.

    Ce roman m'a totalement déroutée. Lorsque j'ai tourné la dernière page, je me suis demandée : mais qu'est-ce que j'en pense ? C'est bon, c'est pas bon ? La vérité est que ce roman a beaucoup trop d'esprit pour moi. Il y a plein de choses qui me sont carrément passées au-dessus de la tête. Ce roman peut être lu sur plusieurs niveaux, et j'avoue franchement que j'ai eu besoin de recourir à des analyses littéraires externes afin de mieux le comprendre.

    Premièrement, Orlando est maintenant lu d'une façon très différente de quand il a été publié pour la première fois. À cette époque, il était tenu pour un roman à clé avec Vita Sackville-West comme personnage principal. Et c'est vrai; Virginia Woolf s'est basée sur des détails biographiques de sa vie, de ses liaisons, sur la description de ses maisons ancestrales, sur sa personalité pour bâtir le personnage d'Orlando. Ce sont des photographies de Vita Sackville-West qui parsèment ces pages. En fait, Virginia Woolf a délibérément intitulé ce roman Orlando: une biographie, car elle faisait un essai dans le genre de la biofiction.

    Depuis les années 1970, ce roman est maintenant lu comme une étude féministe de la perception des genres masculins et féminins depuis l'époque élisabétaine. Ce thème est sous-jacent dans l'oeuvre de Virginia Woolf (me voilà devenue une experte après avoir lu deux livres!), mais ce n'était pas sa première préoccupation avec ce roman.

    Je l'ai aimé, oui, mais je ne l'ai pas trouvé très accessible. Néanmoins, je peux reconnaitre la grandeur même quand je ne la comprends pas.

    Orlando de Virginia Woolf (Stock, 2001)

  • asmahane tome 1

    L'histoire de base est vraiment sympathique, car elle nous offre des horizons un peu différents de la mode du moment. On voyage dans un pays inconnu, vaguement Moyen Oriental, avec des us et coutumes bien différentes de ce qu'on a l'habitude de lire.

    ashamane.JPGJ'ai beaucoup aimé ce côté oriental dans le style de l'auteur. Malheureusement, d'autres détails m'ont rendu la lecture moins agréable. En effet, (épreuve non corrigée, d'accord), mais le nombre de fautes d'orthographe m'a fait bondir. Je ne blâme pas l'auteur pour en faire, cependant je pense qu'à sa place, j'aurais donné mon livre à corriger par quelques personnes de mon entourage proche avant de le faire lire à un autre cercle de lecteurs. Ensuite, je regrette fortement le manque de détails pour nous orienter dans le livre.

    Asmahane arrive comme un cheveu sur la soupe, elle a l'air très sympathique mais dnas les premières lignes, il n'y a aucune description physique. On suppose qu'elle est belle, mais a-t-elle les cheveux sombres, les yeux verts, trois tentacules sur le visage? Je ne sais pas, et ça m'a beaucoup gêné, et ce pour les autres personnages. De même que le manque de repère pour le pays, qui n'existe pas et dont on a quelques bribes de description. Le livre partait sur une très bonne idée, mais l'ensemble n'est pas vraiment clair pour un lecteur qui n'a pas toutes les clef en main pour comprendre l'univers et les personnages.

    Je salue néanmoins au passage l'auteur sur ses idées qui sont très bonnes, je pense que ces maladresses sont dûes à un manque de pratique car on sent qu'il y a du potentiel derrière les mots.